mercredi 15 juin 2016

Médecin des pauvres : Ernest Pissard (1871-1929)

L'homme que j'évoque aujourd'hui, Ernest Pissard, est l'un des descendants de Jean Pissard et de Marie Robin, couple cité dans l'article d'il y a quelques jours (frère ou demi-frère de mon ancêtre Jacques Pissard) :

Jean Pissard,
né vers 1673 et inhumé le 12 janvier 1749 à Saint-Macoux, second époux de Françoise Magnan

Jean Pissard,
né vers 1691, inhumé le 12 janvier 1749, époux de Marie Robin

Pierre Pissard,
marchand fermier, cabaretier, sargetier, baptisé le 30 avril 1738 à Saint-Saviol et mort le 17 nivôse de l'an XIII, époux de Marie-Anne Pichereau

Antoine Pissard,
tailleur d'habits, baptisé le 26 décembre 1763 à Lizant et mort le 19 avril 1810 à Ruffec, époux de Marie-Anne Merle

Antoine Germain Pissard,
limonadier et cafetier, né le 4 novembre 1797 à Ruffec et mort le 9 septembre 1869 audit lieu, époux de Julie Texier

Germain Antoine Pissard,
commerçant et grainetier, né le 6 janvier 1832 à Ruffec et décédé le 14 décembre 1896 audit lieu, époux de Marie-Josephine Angélina Galland




Ernest Germain François Joseph Ambroise Pissard,
docteur en médecine, né le 7 décembre 1871 à Ruffec et décédé le 19 août 1929 audit lieu, époux de Marguerite Madeleine Ghirardi
Auguste Marie Joseph Jean Pissard,
imprimeur, né le 16 février 1877 à Ruffec, époux de Noémie Marie-Anne Eugénie Jonquet

Le docteur Ernest Pissard, par ses soins donnés gratuitement aux indigents, est l'une des personnalités les plus connues de la région de Ruffec.
Son père, Germain, tient un commerce de graineterie, en relation avec les parents de son épouse, Angélina Galland, qui sont minotiers à Condac.
Il fait des études médicales à Paris, où il est diplômé de l'École Supérieure de Pharmacie en 1897. Il est reçu docteur en médecine à la Faculté de Paris deux ans plus tard et revient dans sa région natale pour s'y installer, rue du Général Leclerc, à côté de la Toque Blanche, où il exercera jusqu'à sa mort. Pendant ce temps, son frère, Auguste, installe une imprimerie dans le magasin de ses parents et assure la publication du "Journal de Ruffec".

Mobilisé en 1914, Ernest est appelé dans les ambulances du front où son dévouement est mis au service des blessés. Rapatrié sanitaire à la fin 1916, il est nommé à l'hôpital d'Angoulême, puis à Saint-Junien, où il soigne tant les civils que les militaires. Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur, par décret du 11 janvier 1919.

Médecin-chef de l'hôpital de Ruffec, il est en même temps docteur du Paris-Orléans, de la société de secours mutuels et des sapeurs-pompiers. Le ministère de la Guerre le décore des médailles d'or, d'argent et de bronze, pour avoir soigné gratuitement la gendarmerie.
"Médecin des pauvres". Tel est le titre qu'on lui décerne. Chaque jour, il part pour ses visites en habit et chapeau haut de forme. Le matin est consacré au quartier du Pontereau. Là, il ne fait pas payer sa consultation? Mieux, il donne les médicaments, et parfois des vivres.
Il meurt le 19 août 1929, à l'âge de 58 ans, épuisé par le travail.  Une foule immense assiste à ses obsèques pour rendre un dernier hommage à celui que les anciens appellent "Monsieur Ernest".

Une anecdote, rapporté à l'homme : conseiller municipal en 1912, sur une liste de droit, il voit son mandat renouvelé jusqu'aux élections de 1925, où il est battu. Il a droit aux joyeux défilés des gagnants qui crient :"À bas la calote !". Tout-à-coup, on sonne chez lui : c'est l'un des manifestants. Le bon docteur descend et ouvre la porte. L'homme se découvre et lui dit : "Bonjour, docteur, ma femme est malade au Pontereau. Mais vous savez, si j'ai pas voté pour vous, c'est parce que le syndicat me l'a défendu". Ernest Pissard lui répond :"Qu'est-ce que ça peut faire ! Je soignerai ta femme tout pareil".

Mme Massia, la fille du docteur, demande qu'on donne son nom à une rue de Ruffec. Elle est inaugurée le 14 septembre 1990, par le préfet de Charente.

Ernest Pissard, en compagnie de son épouse, Marguerite
et de sa fille Germaine dans la première automobile
(une de Dion-Bouton) que l'on vit à Ruffec en 1910-1911

Sources et remerciement : Jean-Claude Vrillac.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire