vendredi 26 avril 2013

Wagon mortel à Poitiers (1899)

AD en ligne, cartes postales
On lit dans le Journal de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée, Gazette des provinces de l'Ouest, édition des mardi 26 et mercredi 27 septembre 1899, n°225 :

Décidément, nous sommes dans une noire série ; les accidents mortels se succèdent à Poitiers avec une désolante rapidité. C'est ainsi qu'hier dimanche après avoir assisté aux obsèques du lieutenant Ménard, décédé dans les conditions que l'on sait, nous apprenions que la gare de Poitiers venait d'être le théâtre d'un affreux malheur survenu dans les circonstances suivantes.
Le train de marchandises n°2 124 venant de Saint-Sulpice-Laurière arrivait en gare à six heures cinquante-cinq minutes. Comme tous les convois de ce genre, celui-ci était aussitôt dirigé sans arrêt sur une voie spéciale, légèrement inclinée, et établie à quelques mètres de la porte de Paris. Là, les wagons devaient être lancés sur les diverses lignes qui longent la gare des marchandises.
M. Auguste Pissard, chauffeur de ce train, se conformant aux règlements, courut placer son falot à l'arrière du convoi ; puis il remonta sur sa machine tandis que celle-ci opérait un mouvement de recul.
Le malheur voulut que le cordon reliant le conducteur à la locomotive n'avait pas été enlevé. Pissard descendit donc pour le ramasser. Et c'est au moment où cet employé, accroupi sur le sol, procédait à l'opération, qu'il fut tamponné par le train de voyageurs n°885 de la Compagnie de l'Etat lequel, venant de Parthenay, arrivait à Poitiers à 6 heures 58.
Pissard fut projeté sous sa machine ; quand on le releva, son corps était réduit en bouillie ; les intestins sortis du ventre gisaient sur la voie.
L'infortuné Pissard avait été surpris par le train de l'Etat ; celui-ci ne circule, d'habitude, que les mercredis, mais il avait été mis en marche dimanche à l'occasion du concours de Parthenay.
La victime de cet épouvantable accident était âgée de 45 ans.
Pissard habitait le quartier des Mont-gorges, était marié et père de quatre enfants.
C'est à M. le chef du dépôt qu'est incombé la triste et délicate mission de prévenir la famille du défunt.
M. Bernardini, commissaire spécial de police, assisté due M. le docteur Comte, a procédé aux constatations légales ; puis les débris humains ont été transporté à l'Hôtel Dieu.



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